Pallor Mortis (et beauté moribonde)

“D’une sorcière à l’autre, rappelons qu’au Moyen Age, la pâleur était préservée grâce à du venin de crapaud et à des reptiles macérés dans des herbes rares. Plus tard, et afin de parvenir au même résultat, Diane de Poitiers passa des nuits entières nue sur sa terrasse. Apparemment, ses bains de lune firent des miracles. Soudain, vers 1830, la beauté devint furieusement moribonde. Teint livide, cernes, maigreur de brindille… Pour être conforme au romantisme des héroïnes tuberculeuses de Musset ou Nerval, les plus folles absorbèrent des litres de vinaigre et risquèrent la cécité à chaque instant par consommation abusive de gouttes de belladone. Au XXe siècle, certaines excentriques jouèrent elles aussi à l’apprenti sorcier, se prenant pour propre cobaye avec des conséquences plus au moins saugrenues. Des sœurs jumelles pour Dorian Gray.”

 

Jean-Noël Liaut – Les Anges du Bizarre. Un Siècle d’Excentriques.

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